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Comprendre les conséquences d'une vie plus longue et de l’allongement de la jeunesse

En exergue

Nous vivons en moyenne plus longtemps qu’il y a un demi-siècle. En France, en 1950, l’espérance de vie à la naissance était de 69 ans pour les femmes et de 64 ans pour les hommes. En 2019, elle est passée à 85,6 ans pour les femmes et 79,7 ans pour les hommes (Insee, 2020).

Mais « cette vie plus longue » ne signifie pas seulement que nous vivons plus longtemps : à l’échelle de nos sociétés, nous vivons aussi différemment. C’est-à-dire que l’allongement de la vie a eu pour conséquence une réorganisation de la population par âge, une recomposition des trajectoires biographiques (avec une mise en couple et l’arrivée plus tardive du premier enfant, par exemple) desquelles découlent une solidarité renouvelée entre les générations (on s’occupe plus longtemps de ses parents et de ses enfants).

Cette vie « plus longue » est donc entrecoupée de moments d’autonomie et de dépendance, qui ne sont pas sans conséquences pour l’investissement immobilier puisqu’ils jouent sur les comportements de consommation et d’épargne des ménages.

DĂ©finitions

Allongement de la vie et restructuration de la population

L’espérance de vie à la naissance représente la durée de vie moyenne - autrement dit l’âge moyen au décès - d’une génération fictive soumise aux conditions de mortalité par âge de l’année considérée (Insee, 2021). Celle-ci augmente de façon continue au niveau mondial depuis des décennies. Mais ce qu’on appelle « l’allongement de la vie » ne s'y réduit pas.

La vie plus longue se définit au sein des pays occidentaux par une nouvelle périodisation des trajectoires biographiques (c'est-à-dire par des parcours de vie différents) et par une restructuration de la population par tranches d’âge. Elle se manifeste particulièrement dans l’allongement de la jeunesse et le vieillissement global de la population.

L’allongement de la jeunesse

Les jeunes sont considérés par les sciences sociales comme un groupe socioculturel très spécifique.

À la fin des années 1980, les travaux d’Olivier Galland » (Sociologie de la jeunesse, 1984) et Gérard Mauger (Les Jeunes en France. État des recherches, Paris, 1994) en font un moment de passage, de l’enfance à l’âge adulte.

Plus précisément, ce passage est borné en amont par l’entrée dans l’adolescence, de plus en plus précoce du fait des nouveaux moyens de communication. Et en aval, par la fin des études, les débuts de la vie professionnelle et la constitution d’une vie familiale.

Du fait de l’allongement des études (l’âge médian de la fin des études se situe aux alentours de 20 ans), de la précarité face au marché de l’emploi (il n’est pas rare que des étapes intermédiaires, comme les stages et services civiques repoussent l’âge d’un premier emploi stable), mais aussi du recul de l’âge du premier enfant (qui est de 30,7 pour les femmes en France, en 2018), l’entrée dans l’âge adulte se fait de plus en plus tardivement.

Le départ du domicile parental, la mise en couple et enfin la naissance du premier enfant arrivent ainsi de plus en plus tard dans la vie des jeunes occidentaux. En prenant les bornes extrêmes, la jeunesse court donc de 15 ans à presque 30 ans.

Vieillissement de la population et allongement de la fin de vie

Deux phénomènes expliquent le vieillissement global de la population :