C’est lors d’une de ses exposition sur l’ile aux moines, là où je vis, et que j’ai rencontré Charlotte Welfling artiste peintre, originaire de l'Ile où elle vient passer quelques mois chaque année. Sa peinture vivante et bienfaisante m’a parlé précisément de ce que je porte en moi et qui s’exprime à travers mon association AnimaTerra, mon projet de Sanctuaire du Vivant et cette revue Esprit de Nature. J’ai eu un coup de foudre pour sa série intitulée « Penhap Paradise ». C’est naturellement que j’ai cherché à en savoir un peu plus sur Charlotte et sa peinture avec laquelle je me sentais en si forte résonnance.

Cette série m’est venue durant le premier confinement. Cet enfermement imposé que subissait une grande partie de l’Humanité a renforcé, pour la plupart d’entre nous, la conscience de notre besoin de nature, de notre lien vital à la Nature. La Terre nous a enfantés et nous en sommes absolument dépendants. J’ai alors très naturellement commencé une série sur les jardins. Je venais de terminer un Master en histoire de l’Art. Ces 5 années d’études ont influencé mon choix de m’appuyer sur les archétypes que sont les Venus, Eve, mais aussi les Vierges en Majesté que j’affectionne particulièrement. Ce qui peut sembler paradoxale pour l’athée
J’ai choisi de montrer la femme aussi parce qu’elle est matrice de vie comme la Terre.
Ces figures mythologiques, moitié déesse moitié sorcière, sont des allégories du Monde et de la Nature. J’ai choisi de montrer la femme aussi parce qu’elle est matrice de vie comme la Terre. Eve, mère de l’humanité, gardienne de la Nature, est une figure archétypale que l’on retrouve dans toutes les civilisations, écho de cultures plus anciennes qui remontent probablement aux cultures préhistoriques, comme en témoigne peut-être la Vénus de Willendorf. La « Vierge trônante », par exemple, est une figure héritée de l’Egypte antique, et plus précisément des représentations de la déesse Isis. La Vierge en Majesté règne et veille sur le Monde, elle est jeune, belle, puissante et bienveillante. Le rêve !
Mettre La Femme déesse au centre de cette série a quelque chose de rassurant. Choisir l’utopie plutôt que la dystopie, c’est faire preuve de résistance face au pessimisme ambiant. Dans mon histoire, la Nature a retrouvé son équilibre.

Je suppose que dans sa relation à la nature, l’humain a eu différents types de comportements. Peut-être avait-il un lien symbiotique au moment de la préhistoire, puis, avec la sédentarisation, de nouvelles inquiétudes sont certainement nées (peur de la pénurie par exemple).


Aujourd’hui, nous avons perdu l’équilibre. La nature est notre terre nourricière. Nous ne pouvons vivre sans elle. Ce qui me rassure c’est qu’elle n’a pas besoin de nous. Quand l’humanité aura disparue, la nature reprendra le dessus. J’aime imaginer ce Monde futur. Mais j’ai besoin de croire que l’humanité trouvera des solutions aux problèmes qu’elle a créé grâce à l’ingéniosité des hommes. C’est pour cela que je conseille souvent aux gens de voir film de Colline Serreau « La belle verte ». Ça donne de l’espoir
Du côté des animaux, je ne les mange plus et pense qu’il est primordial de les respecter, de les laisser vivre libres. Les animaux, sont nos frères. Ils nous apprennent beaucoup sur nous, sur le Monde. Ils nous aident souvent ; pourtant nous les détruisons par milliards dans les pires conditions.
Tous ces élevages intensifs sont honteux et absurdes d’un point de vue écologique et économique. Ils ne génèrent que de la souffrance pour les individus qui y travaillent. À côté de ça, les terribles pollutions provoquées par « le business coûte que coûte » détruisent chaque jour un peu plus les espaces naturels d’habitation des animaux; les espèces disparaissent les unes après les autres….

Dans cette série sur les « vierges trônantes », j’ai remplacé l’Enfant Dieu par des animaux, parce que je considère sue les animaux sont aussi sacrés que les humains, que la Vie elle-même est sacrée.

La peinture soigne souvent le peintre. Certaines œuvres font du bien à ceux qui les observent, les écoutent. L’art peut nous soigner, peut nous sauver, de façon moins directe que la nature, qui est aussi notre pharmacie. Je mets dans ma peinture des plantes médicinales, comme les fleurs de millepertuis, de camomilles, des coquelicots, des pissenlits, etc. J’aime imaginer que certaines de mes peintures ont la capacité de soigner. Je me méfie de la « pensée magique », qui est un symptôme de névrose obsessionnelle, mais en même temps, un monde sans art est-il possible, et quel serait-il ? J’ai suivi une formation pour être art thérapeute. Je sais que si les fleurs que je mets dans mes peintures ne soignent les gens, à priori, que dans mon imagination, l’art lui peut soigner les gens, les guérir.


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J’ai envie de me mettre à l’abstraction. Les artistes qui réussissent à émouvoir, à toucher le spectateur sans représentation réaliste du monde, me fascinent. En tous cas je ne sais pas si je suis allée au bout de cette série. Pour continuer une série, il faut que ce soit obsessionnel, sans que cela devienne aliénant.
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