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Cette interview a initialement été publiée sur le site professionnel VétoFocus. Étant accessible uniquement aux vétérinaires et étudiants vétérinaires, je la retranscris ici avec l’aimable autorisation de l’équipe éditoriale.

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LÉA PASSION VÉTÉRINAIRE

Léa PETITDIDIER - 23/02/2026

NDLR : notre tour du monde des écoles vétérinaires (VETS AROUND THE WORLD) nous mène cette fois en Italie du côté de Pise où Léa PETITDIDIER a posé ses valises pour devenir vétérinaire, ce dont elle rêvait depuis des années...

Buongiorno Léa, nous adorons ton parcours universitaire, après l'obtention de ton bac en 2015, car il illustre la nouvelle chance donnée à celles et ceux qui ont envie de devenir vétérinaire, mais n'en ont pas eu l'opportunité au début de leur parcours.

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Tes expériences universitaires, à Lille, se composent de psychologie, de biologie, de et physiologie. Raconte-nous ces 7 années d'études et ce que tu avais comme objectif à cette époque ?

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Ciao a tutti !

En effet, mon parcours n'a rien de linéaire - mais pour moi c'est ce qui le rend si formateur.

Même si cela peut sembler bateau, devenir vétérinaire a toujours été mon rêve. J'ai grandi avec les romans "Les petits vétérinaires" et l'univers "Léa Passion Vétérinaire", qui ont profondément nourri cette vocation.

À la fin du collège, un drame familial m'a cependant éloignée du système scolaire. Je me suis orientée vers une filière littéraire qui, à l'époque, correspondait davantage à mes facilités du moment. Après l'obtention de mon baccalauréat littéraire en 2015, je me suis inscrite en licence de Psychologie. C'est là que j'y ai découvert les neurosciences - une véritable révélation.

Portée par cette curiosité, j'ai poursuivi en biologie puis en neurobiologie, avec l'envie de comprendre toujours plus en détail les mécanismes du vivant. C'est au cours de ce cursus que j'ai appris qu'il était possible de présenter les concours d'entrée en écoles vétérinaires françaises via la voie universitaire (Voie B). J'ai tenté ma chance durant 2 ans, et échoué de peu.

J'ai alors choisi de mener mon parcours jusqu'au bout, en obtenant mon master de neurobiologie avec l'objectif de travailler en recherche à l'INSERM. Mais malgré mon engagement dans cette voie scientifique, mon rêve de devenir vétérinaire ne m'a jamais réellement quittée.

J'ai donc décidé de me renseigner sur les différentes possibilités à l'étranger, et l'Italie s'est imposée comme une évidence. Après une année complète de préparation intense, j'ai présenté les concours d'entrée... et aujourd'hui, me voilà en deuxième année de médecine vétérinaire.

Si je parle aussi souvent de ce parcours sur mes réseaux sociaux, c'est parce que j'en tire une conviction très forte : il n'existe pas un seul chemin pour atteindre un même objectif. Les détours ne sont pas des échecs ; ils constituent des compétences et forgent la résilience, affinent les motivations.

Mon parcours n'a pas été rectiligne, en effet, mais il a toujours été guidé par la même ambition. Avec du travail, de la persévérance ainsi qu'une vision éclairée, il est possible de transformer son rêve de toujours en projet concret.

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Tu as eu également des expériences professionnelles à l'AP-HP et à l'Inserm… qu'en as-tu retiré comme acquis et lesquels te seront utiles dans ta future carrière ?

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Au cours de mon parcours à l'université, j'ai eu l'opportunité d'effectuer bon nombre de stages dans des environnements très différents, parfois indirectement liés à la profession de vétérinaire. Pour autant, ils ont profondément façonné ma vision et mon approche du métier.

Lors de ma licence en Psychologie, j'ai réalisé un stage d'un mois en unité intensive au sein de l'AP-HP. Cette expérience a été, pour moi, déterminante sur le plan humain. J'ai été confrontée à des situations de grande vulnérabilité, notamment autour de la gestion du deuil, et j'ai pu bénéficier d'enseignements auprès de psychiatres et psychologues.

Cela m'a permis de développer un relationnel solide, une capacité d'écoute et une sensibilité qui me seront précieuses pour accompagner les propriétaires avec justesse et empathie dans les situations difficiles.

Par la suite, durant mon master en biologie, j'ai effectué un stage d'un an au sein d'une équipe multidisciplinaire à l'INSERM de Lille. Cette année a constitué un véritable tournant : elle m'a appris la rigueur scientifique, l'esprit critique et la persévérance. J'y ai renforcé mes capacités de raisonnement, notamment dans l'élaboration et la mise à l'épreuve d'hypothèses de recherche.

Ces deux expériences, très complémentaires à mes yeux, m'ont apporté des compétences essentielles pour la pratique vétérinaire : d'une part, une approche humaine et relationnelle indispensable dans l'accompagnement des propriétaires ; d'autre part, une méthodologie scientifique rigoureuse, essentielle pour poser un diagnostic et prendre des décisions éclairées.

Je mesure aujourd'hui la chance que j'ai eu d'avoir pu bénéficier de ces expériences, qui, à mon sens, enrichissent profondément ma formation vétérinaire.

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Une période d'assistanat vétérinaire d'un an entre 2022 et 2023… avec quel statut et est-ce le facteur déclenchant pour la suite de ton orientation ?

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Lorsque j'ai commencé à envisager sérieusement un départ pour étudier en Italie, il m'a fallu trouver un emploi afin de financer ce projet. J'ai donc pris une décision : travailler en clinique vétérinaire pendant un an, à la fois pour mettre de l'argent de côté, mais aussi pour confronter mon rêve à la réalité du terrain.

Pour moi, il était essentiel d'expérimenter le métier de l'intérieur. Les assistantes vétérinaires sont indispensables au fonctionnement d'une structure : elles sont le pilier de l'organisation, du lien avec le propriétaire, du soutien en consultation et chirurgie... Je voulais comprendre leurs responsabilités, leurs contraintes - et je pense qu'il n'y a pas meilleure façon que de vivre leur quotidien.

Cette année a été extrêmement formatrice. Elle m'a apporté des compétences techniques, bien-sûr, mais aussi une vision concrète du métier de vétérinaire. Paradoxalement, c'est en découvrant ses exigences, sa charge émotionnelle et sa réalité que j'ai su avec certitude que c'était ma vocation.

Cette expérience est devenue le véritable déclencheur, le moment où mon rêve est devenu décision.

Je ne remercierais jamais assez l'équipe de la clinique vétérinaire de Lésigny pour sa confiance et sa pédagogie depuis tant d'années. Les Dr. Berthelot, Dr. David et Dr. Asali ont été de véritables mentors : patients, exigeants mais passionnés. Ils m'ont transmis bien plus que des compétences - une véritable passion du métier.

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En 2024 tu pars en Italie pour démarrer un cursus vétérinaire… pourquoi ce pays parmi tant d'autres destinations ? Et en corollaire, pourquoi Pise ?

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Lorsque j'ai envisagé sérieusement de partir à l'étranger, j'ai directement abordé cette décision de manière très pragmatique. Je me suis fixé trois critères essentiels : la ville devait être facilement accessible depuis Paris, le coût de la vie devait rester raisonnable par rapport à la France, et les frais de scolarité devaient être compatibles avec mes moyens.

À partir de ces éléments, j'ai réalisé un tableau comparatif sous forme de classement des différentes universités vétérinaires italiennes. Et c'est Pise qui est arrivé en tête.

Au-delà des chiffres, il y avait aussi l'humain. J'étais en contact avec Romane, une étudiante déjà sur place, qui m'a énormément aidée à comprendre le fonctionnement du système italien et à me projeter concrètement dans cette nouvelle vie.

Le concours se déroulant sur place, j'ai eu l'occasion de découvrir la ville avec mon compagnon - que j'ai rencontré lors du passage des concours français et qui étudie aujourd'hui vétérinaire avec moi. C'est à ce moment-là que nous avons pris notre décision.

Aujourd'hui, presque 2 ans après notre installation, nous ne regrettons absolument pas ce choix. Pise nous a offert un environnement stimulant et la possibilité de poursuivre ce rêve que nous avions longtemps mis de côté.

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Nous avions présenté très succinctement l'Université de Milan sur VétoFocus en 2015, de fait nous ne connaissons pas très bien le fonctionnement des études en Italie… peux-tu nous en parler ?

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Depuis peu, les modalités d'entrée en école vétérinaire ont drastiquement évoluées. Elles se rapprochent désormais beaucoup du système français PASS/LAS (ou cursus d'entrée en médecine humaine).

Concrètement, les étudiants commencent par un premier semestre commun avec les étudiants en médecine. À l'issue de ces examens, un classement national est établi, mélangeant étudiants italiens et européens. C'est ce classement qui détermine si l'on est admis, et dans quelle université. Les matières enseignées au cours de ce semestre sont : Biologie, Chimie, Mathématiques, Physique.

Il existe ensuite des "scorrimenti", c'est-à-dire des mises à jour régulières du classement en fonction des désistements. Chaque semaine, des places peuvent ainsi se libérer et permettre à d'autres candidats d'intégrer le cursus.

L'ensemble des études se déroule en italien. Le diplôme est reconnu au niveau européen, ce qui permet d'exercer dans les différents pays membres de l'UE après l'obtention du titre de docteur en médecine vétérinaire.

Les études durent 5 ans, mais il est possible de le réaliser sur un temps plus long en fonction de la vitesse à laquelle les examens sont passés.

Le fonctionnement des études diffère cependant assez sensiblement de la France, notamment en ce qui concerne les examens. Plusieurs sessions sont proposées chaque année pour chaque matière -environ sept ou huit- et les étudiants choisissent à quel moment ils souhaitent présenter chaque examen. L'admission en année supérieure n'est pas strictement conditionnée par la validation des examens, même s'il existe un "barrage" entre la 3ème et 4ème année pour le socle de base des connaissances vétérinaires.

Je précise que je parle ici du fonctionnement à Pise, même si le système est globalement similaire dans les autres universités italiennes.

Enfin, il existe un second concours permettant d'accéder à un cursus en anglais à Bologne, via l'IMAT (International Medical Admissions Test). Cependant, le nombre de places est extrêmement limité - environ 45 - et la sélection est particulièrement exigeante.

À mon sens, miser uniquement sur cette voie peut-être risqué.

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Et ton Université à Pise, décris-la nous puisque tu es en deuxième année maintenant. Quelles sont les matières abordées ? Qui y étudie, dans quelle langue (italien a priori) ? Est-ce que ce sont des cours théoriques principalement ou avez-vous également de la pratique ?

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Oui, les études se déroulent exclusivement en italien. Les débuts sont forcément un peu impressionnants, pour ma part je n'avais jamais parlé ou appris la langue avant d'arriver. Suivre des cours scientifiques dans une autre langue demande une véritable capacité d'adaptation. Mais finalement, on progresse très rapidement, l'immersion aidant énormément. Au bout de quelques mois, l'italien devient presque instinctif (même en rêvant !).

En deux ans, nous avons déjà abordé un très large éventail de matières. Les disciplines les plus importantes en volume horaire et en crédits ECTS (crédits universitaires européens) sont l'anatomie, l'histologie et la physiologie. Ce sont des matières particulièrement exigeantes, très denses, mais fondamentales : elles constituent la base du raisonnement clinique et sont indispensables pour comprendre les disciplines à venir.

En ce sens, le système fonctionne avec des prérequis : certaines matières doivent impérativement être validées avant de pouvoir présenter d'autres examens. Anatomie, Histologie et Physiologie sont requises dans presque toutes les autres disciplines, ce qui souligne leur rôle primordial dans le cursus.

Pour l'instant, l'enseignement reste majoritairement théorique, surtout au début de la formation. La pratique s'intègre progressivement. Nous avons déjà participé à des cours de nécropsie, à des visites de chenils et des initiations aux gestes de base (prise de sang, examen clinique général...). Ce sont des moments très marquants pour moi car ils donnent une dimension concrète aux études.

L'université dispose également d'un hôpital vétérinaire universitaire au sein duquel se trouve un Skill Lab. C'est un espace entièrement dédié à l'entraînement technique : nous pouvons y pratiquer des gestes sur mannequins, comme les vêlages, certains diagnostics ou différents types d'examens.

Chaque étudiant possède un "Logbook", un livret dans lequel nous consignons les compétences acquises, que ce soit au Skill Lab, lors des stages ou pendant les gardes à l'hôpital vétérinaire.

Dans les années supérieures, l'accent est davantage mis sur la pratique clinique et les stages, avec une immersion beaucoup plus importante au sein de l'hôpital.

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Dernières questions, nous sommes bavards et très intéressés, comment vois-tu ton futur en tant que Vétérinaire… dans quel pays, avec quel type de pratique ?

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Il est presque certain que je rentrerai en France à la fin de mes études. L'italie m'apporte énormément et restera une étape déterminante dans ma vie, mais la France et mes proches me manquent profondément. Je me projette davantage sur le long terme là-bas, que cela soit sur le plan professionnel ou personnel.

Concernant ma pratique, j'imagine aujourd'hui exercer en cabinet ou en structure hospitalière, avec une forte appétence pour la neurologie et la neurochirurgie. Mon parcours en neurosciences influence évidemment cette attirance, et c'est d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle j'ai choisi Pise, qui propose un enseignement approfondi en neurochirurgie en 5ème année.

Cela dit, je garde à l'esprit que rien n'est figé. Les études vétérinaires ouvrent un champ immense de possibilités, et je ne suis pas à l'abri de me découvrir une nouvelle vocation au fil des stages et des rencontres.

Pour moi, c'est aussi ce qui rend ce métier si riche et attrayant : on évolue constamment, et notre apprentissage ne s'arrête jamais.

Je vous remercie pour cette interview et pour votre lecture, et pour ceux qui souhaiteraient se lancer, je publie régulièrement des mises à jour et informations sur les concours et études en Italie sur mon compte instagram @dogtorlea. N'hésitez pas aussi à me poser des questions si nécessaire.

Merci beaucoup Léa (Notre dose quotidienne de pawsitivité 🐾), ton parcours et tes réponses sont très inspirantes et pleines d'ondes positives pour le futur de la profession vétérinaire !

Mon tout premier stéthoscope, offert par ma mère, premier élément concret de mon choix. Réf 1 - 23/02/2026 - Léa PETITDIDIER

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Mon amour indéfectible des animaux (même si celui-ci voulait s'échapper). Réf 11 - 23/02/2026 - Léa PETITDIDIER

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La vue sur la tour de Pise et le duomo, à quelques minutes à pieds de la faculté vétérinaire. Réf 2 - 23/02/2026 - Léa PETITDIDIER

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Le département de Sciences Vétérinaires actuel, avant notre futur déménagement au sein de l'hôpital vétérinaire. Réf 3 - 23/02/2026 - Léa PETITDIDIER

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Les premières pratiques en ferme. Réf 4 - 23/02/2026 - Léa PETITDIDIER

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Vue sur les montagnes depuis la faculté. Réf 5 - 23/02/2026 - Léa PETITDIDIER

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La bibliothèque d'anatomie vétérinaire. Réf 6 - 23/02/2026 - Léa PETITDIDIER

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Je donne des conseils au futures étudiants vétérinaires sur mon compte Insta. Réf 7 - 23/02/2026 - Léa PETITDIDIER

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Retour sur mon lieu de travail au laboratoire de l'INSERM. Réf 9 - 23/02/2026 - Léa PETITDIDIER

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En pleine passation de tests pour mes souris en laboratoire. Réf 10 - 23/02/2026 - Léa PETITDIDIER

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